04/02/2008

En France, pour un nouveau Parti, c'est maintenant !

 Nouveau parti, c’est maintenant !

 

Face à une droite et à un Medef musclés, nous avons besoin d’une opposition claire et déterminée. Une opposition dans les luttes et les mobilisations, qui seules empêcheront Sarkozy de « reformater la société française ». Mais nous voulons aussi une gauche qui ne lâche rien, qui n’a pas renoncé à une transformation révolutionnaire de la société. Or, nous constatons que la gauche institutionnelle est incapable de s’opposer au pouvoir. Pas parce qu’elle manquerait de chefs, serait sonnée par la défaite, mais pour des raisons de fond. Le PS est converti en profondeur au libéralisme. Un exemple : le pouvoir d’achat. Pour l’augmenter, c’est normalement simple : exiger l’augmentation des salaires. D’ailleurs, Sarkozy l’a bien compris, pour lui même… Mais des salaires en hausse, c’est des profits en moins... Ce qui est insupportable pour tous les convertis de droite et de gauche à l’acceptation des règles de compétition dans la globalisation capitaliste. C’est cette conversion, accélérée par les multiples passages du PS au pouvoir, qui explique les ralliements : DSK au FMI, les commissions Attali, Lang ou Rocard et la participation de socialistes au gouvernement de Fillon... Ce mouvement vers la droite entraîne une grande partie de la gauche non socialiste mais qui a besoin du PS pour survivre dans le cadre institutionnel actuel. Les Verts et le PCF ne peuvent pas incarner une alternative au social-libéralisme alors même qu’ils s’allient systématiquement au PS pour gérer ensemble des collectivités locales... qui privatisent des services publics !

Et pourtant, dans ce pays, on continue à résister. Des dizaines de milliers d’hommes et de femmes sont disponibles : des jeunes, d’ex-militants de partis politiques écoeurés par l’orientation de la direction de leur ancien parti, des animateurs du mouvement syndical dans les entreprises, des féministes de toutes générations, des antilibéraux qui ne veulent pas dissoudre leurs convictions dans l’alliance avec le social-libéralisme... Sans oublier celles et ceux pour qui, dans toute la diversité de la société française, ce sera le premier engagement.

À tous ceux là, nous proposons de nous unir dans un nouveau parti. Un parti des luttes, pour la rupture avec le capitalisme, pour inventer le socialisme du XXIe siècle, qui sera ancré dans le monde du travail. Un parti qui mêlera l’anticapitalisme, le combat écologique, la lutte pour toutes les émancipations, à commencer par celle des femmes, et qui veut rassembler le meilleur des traditions du mouvement ouvrier sans imposer une histoire, celle du trotskysme, comme marque de fabrique de ce nouveau parti. La LCR vient de décider, à son congrès, de se lancer dans un processus constituant qui implique la dissolution de la LCR. C’est dire notre engagement. Nous aurions pu nous contenter, après le succès de la campagne présidentielle, de gérer notre organisation. Nous avons pris nos responsabilités et nous avons décidé de proposer un parti plus large. On nous demande souvent : mais avec qui vous allez faire ce parti ? Eh bien, avec celles et ceux qui veulent s’engager parce qu’ils sentent l’urgence d’un nouveau parti. Qui peut contester la crise de représentation politique ? Pas étonnant alors qu’il faille un mouvement d’en bas pour bousculer la donne. Y compris à la gauche de la gauche. Mais que l’on se comprenne bien, nous n’avons pas renoncé à interpeller et à engager dans notre démarche des courants nationaux qui partageraient notre projet. C’est vrai, par exemple, de Lutte Ouvrière, des libertaires, des communistes ou des antilibéraux.

À partir de l’adresse de notre congrès ou d’appels locaux, nous vous proposons de nous réunir dans des comités locaux pour agir et discuter ensemble des bases de ce nouveau parti. En s’appuyant sur la campagne municipale qui est le premier moment de discussion politique qui vient. Nous proposons également que ces comités se fixent comme objectif de se réunir nationalement en juin. Pour que soit désigné un comité de pilotage pluraliste et représentatif du mouvement en constitution, qui élaborera des textes de constitution du nouveau parti, afin qu’un congrès fondateur puisse se réunir en fin d’année. Tout ce qui fait la vie d’une force collective militante comme décider de son nom. Ainsi, pourquoi pas des conférences nationales thématiques rassemblant les jeunes, les salariés et les habitants des cités et des quartiers pour également préparer et nourrir ce nouveau parti ? Parallèlement, il s’agira de prendre toutes les initiatives pour oeuvrer à un tel rassemblement en Europe, dans le monde, car à l’heure de la mondialisation, l’internationalisme est plus que jamais à l’ordre du jour. Donc, du pain sur la planche, mais nous n’y arriverons que si nous nous y mettons tous ensemble.

Olivier Besanceno

09:28 Écrit par Freddy Dewille dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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