19/01/2009

Anderlues:"En colaboration avec la Formation Léon Lesoil

Le COMITE DE SOUTIEN AUX SANS PAPIERS DE LA REGION DU CENTRE

 

Contacts : comitedesoutien@skynet.be

Tél : 0497/370517

 

 

NOUS N’OUBLIERONS JAMAIS JEAN MARIE MOREAU

 

 

Le lundi 12 janvier 2009, dans l’après-midi, nous avons appris la très triste nouvelle du décès de Jean Marie Moreau. Jean Marie, prêtre dans le quartier des Hayettes de Morlanwelz, aura été jusqu’au bout de son existence aux côtés de toutes celles et ceux qui subissent au quotidien l’exclusion sociale et les injustices. Il n’a jamais relâché son combat pour un monde meilleur, n’hésitant pas à s’engager très concrètement dans le soutien aux personnes les plus fragilisées socialement.

 

Tout au long de la semaine, de nombreuses personnes de tout horizon sont venues lui rendre hommage au Foyer des Hayettes, rue Mabille à Morlanwelz. C’est dans ce Foyer qu’il avait décidé le 7 septembre 2007 d’accueillir et d’héberger des sans papiers, derniers occupants de l’Eglise Saint Joseph de La Louvière qui ne savaient pas où aller.

 

Les obsèques de Jean Marie ont eu lieu le samedi 17 janvier 2009. L’Eglise de Morlanwelz était trop petite pour accueillir toutes celles et ceux qui voulaient le saluer et rendre hommage à sa personne et à son action. La messe a été ponctuée de témoignages de représentants de diverses associations : Comité Chili de Morlanwelz, Comité de soutien aux sans-papiers de la Région du Centre, Saint Vincent de Paul, Les Camps des Hayettes et aussi d’habitants d’un village Roumain avec lequel Jean Marie avait des échanges. Sa famille et ses amis très proches ont également témoigné avec beaucoup d’émotion.

 

Tous ces témoignages montrent à quel point l’abbé Moreau était impliqué : d’ans l’aide individuelle et concrète aux plus fragilisés socialement au travers de son action dans Saint Vincent de Paul ; dans la coopération au développement au travers de ses engagements envers le Chili et la Roumanie ou encore en permettant à des enfants socialement peu chanceux d’avoir des vacances chaque année par l’organisation du Camp des Hayettes.

 

De la même façon, depuis 2005, il s’est investi dans la lutte pour la régularisation des sans papiers et c’est à son initiative qu’un comité de soutien aux sans papiers a été créé dans la Région du Centre.

 

En hommage à Jean Marie et ci-dessous, le dernier texte que nous avons écrit ensemble et qui montre que Jean Marie était également un homme de gauche qui combattait le capitalisme. Dans sa chapelle, on peut lire ceci : « La question n’est pas doit-on accueillir toute la misère du monde, mais plutôt, comment en finir avec le capitalisme qui tue et sème la misère »

 

Il fait très froid Aux Hayettes et aujourd’hui, çà n’a rien à voir avec le climat.

Tu nous a marqué Jean Marie, nous te prendrons avec nous dans nos luttes.

 

18 janvier 2009

Freddy Bouchez.

 

 

 

 

ET SI ON ESSAYAIT UN MONDE SANS CAPITALISME

 

Depuis maintenant plus de quatre ans, nous nous sommes investis avec d’autres personnes du monde associatif de la région du centre, dans un comité de soutien qui lutte pour la régularisation des sans papiers. Avec eux, nous avons tout tenté : manifestations, occupations de lieux publics et des églises, grèves de la faim, interpellations des partis politiques,…Mais en vain, puisque malgré ses promesses, le gouvernement n’a encore rien décidé.

 

Et pourtant, beaucoup de sans papiers, qui sont plus de cent mille en Belgique, vivent sans aucun droit. Pas d’aide financière du CPAS et pour la plupart d’entre eux, aucune possibilité de travailler légalement. Dès lors comment faire pour se loger, pour se nourrir et pour se vêtir ? La seule solution, c’est d’essayer de trouver des boulots en noir, mal payés. Des employeurs de la construction, de l’HORECA profitent de la précarité de ces personnes pour utiliser ainsi une main d’œuvre comme ils l’entendent et qui ne leur coûte presque rien. Au passage, notons que ces employeurs profitent de cette situation pour faire pression sur les conditions de travail et de salaire de l’ensemble des travailleurs.

 

Les sans papiers n’ont pas quitté leur pays par plaisir : ce sont des demandeurs d’asile en attente d’avoir un statut ou alors d’anciens demandeurs d’asile non reconnus par l’Office des étrangers qui ont fui des dictatures. Ce sont aussi des personnes qui ont quitté leur pays pour échapper à la faim, à la misère ou à la guerre. Tout ce qu’ils souhaitent, c’est de pouvoir travailler légalement afin de vivre un peu mieux et aussi de contribuer au développement économique et social de la Belgique. Beaucoup vivent chez nous depuis longtemps, parfois depuis plus de dix ans et leurs enfants vont à l’école avec les nôtres.

 

Le gouvernement fait la sourde oreille : l’Europe veut choisir son immigration. La carte bleue permettra bientôt aux Etats de l’Union Européenne de faire venir de l’étranger les gens les plus hautement qualifiés dont notre économie aura besoin. En matière d’immigration, comme dans d’autres matières, les besoins humains et sociaux vont ainsi passer au second plan. Celles et ceux qui fuient les dictatures et la misère auront la porte fermée. Seuls les plus rentables auront accès aux territoires de l’Europe forteresse.

 

Bien sûr, va-t-on nous dire, « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Certains vont aussi réclamer que le gouvernement fasse d’abord quelque chose pour les belges qui sont pauvres et sans emploi. Nous sommes conscients qu’il n’y a pas que les sans papiers qui vivent des difficultés en Belgique. Nous savons qu’une personne sur sept vit en dessous du seuil de pauvreté dans notre pays et que même de nombreux travailleurs n’arrivent plus à nouer les deux bouts à la fin du mois. Mais nous croyons fermement que ce ne sont pas les sans papiers et les étrangers qui sont la cause de l’aggravation de la misère en Belgique mais plutôt un système dans lequel les richesses sont réparties de manière inégalitaire.

 

Savez-vous que la Belgique est le seul pays en Europe où il n’y a pas encore d’impôt sur les grosses fortunes. Savez-vous que les plus riches, ceux qui détiennent les capitaux (par exemple les plus gros actionnaires des entreprises multinationales ou des banques) fraudent plusieurs dizaines de milliards d’EUROS/an sans être inquiétés. Il n’y a soi disant pas d’argent pour augmenter le pouvoir d’achat de tout un chacun et pour régulariser les sans papiers mais en quelques heures, le gouvernement trouve des dizaines de milliards d’EUROS pour sauver les banquiers. Les multinationales qui ont reçu tant d’aides financières de l’Etat, n’hésitent pas à délocaliser leur production et à jeter nos travailleurs au chômage pour simplement augmenter les profits de leurs actionnaires. C’est ainsi que de nombreuses entreprises pourtant très performantes ont été fermées ou restructurées.

Les vrais responsables de l’aggravation du chômage et de la pauvreté dans notre pays ne sont pas les étrangers mais bien ce système capitaliste qui fait la part belle aux puissances financières. Malheureusement, très souvent, notre gouvernement agit pour et avec ces puissances d’argent au détriment de l’ensemble de la collectivité.

 

Si nous voulons vraiment combattre la pauvreté et le chômage chez nous, il faut se mobiliser pour des réformes anticapitalistes et non pas contre les étrangers. Il faut que nous nous mobilisions pour une répartition des richesses plus équitables. En instaurant un impôt sur les grosses fortunes, en combattant efficacement la fraude fiscale, en créant un service public bancaire fort qui pourrait agir pour les besoins de l’ensemble de la collectivité, on pourrait :

-         créer des logements en suffisance pour celles et ceux qui en ont besoin

-         créer des emplois stables et de qualité en suffisance

-         augmenter le pouvoir d’achat de tout un chacun pour que tout le monde puisse vivre dignement

-         On pourrait aussi régulariser les sans papiers qui pourraient enfin avoir droit à une existence digne

 

Autour de ces revendications, il faut essayer de créer l’unité de toutes celles et ceux qui sont en souffrance : sans emploi, sans revenu, sans logement, sans papiers, et si on essayait un monde sans capitalisme !

 

Jean Marie Moreau

Freddy Bouchez

 

00:42 Écrit par Freddy Dewille dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/12/2008

Changement climatique : quatre vérités dérangeantes

Nous parlons de réchauffement global. Actuellement il est de près d'un degré supérieur au début de l'ère industrielle et s'il prend un degré supplémentaire, une très écrasante partie des scientifiques s'accordent pour prédire un enchaînement de conséquences dont nos sociétés ne se remettraient pas.

Ces variations de température ne sont pas à mettre en lien avec nos micro-climats sur notre latitude. Je suis atterré de lire la réponse de F. Leens. Une telle ignorance me désespère encore plus que ce type d'article paru cette semaine dont je vous laisse le déplaisir de découvrir la teneur.

Changement climatique : quatre vérités dérangeantes

14 décembre 2008

Les scientifiques interrogés par Gwynne Dyer en sont maintenant convaincus. Les objectifs définis par le GIEC sont obsolètes. Le réchauffement est plus rapide que .prévu, mais pire encore, passé un certain point, des boucles de rétroactions vont se déclencher, et le processus échappera à notre contrôle. Si le réchauffement atmosphérique s'emballe, sur terre, la situation deviendra incontrôlable. Les Etats faillis, la famine, les guerres, les exodes massifs vont se multiplier. Dans ces conditions, la mise en œuvre de politiques internationales de réduction des émissions n'aurait plus aucune chance de succès. Combien de temps nous reste-il ? Trop peu pour réduire les émissions avant de dépasser les limites dangereuses. Voilà résumées les conclusions que tire Dyer de la série d'entretiens qu'il vient de réaliser à travers le monde avec des scientifiques, des militaires et des politiques.


Par Gwynne Dyer, Japan Times, 7 décembre 2008

Voilà à peu près deux ans de cela, j'ai pris conscience que les militaires de divers pays avaient commencé à élaborer des scénarios sur les changements climatiques. Des scénarios qui se basaient sur les travaux des scientifiques prévoyant une hausse des températures, la baisse du rendement de l'agriculture et d'autres conséquences, et examinaient leurs implications politique et stratégiques.

Ces scénarios prédisaient la multiplication des États faillis en raison de l'incapacité des gouvernements à nourrir leur population, des vagues de réfugiés climatiques aux frontières des pays plus fortunés, et même des guerres entre pays qui partagent les mêmes cours d'eau.

J'ai alors commencé à interroger tous ceux que je pouvais rencontrer. Non seulement des responsables militaires, mais aussi des scientifiques, des diplomates et des hommes politiques. Dix huit mois plus tard, après environ 70 entretiens, réalisés dans une douzaine de pays, j'en suis arrivé à quatre conclusions que j'étais loin d'anticiper lorsque j'ai entamé ce travail :

• Les scientifiques ont vraiment peur

Les observations au cours des deux ou trois dernières années, leur donnent à penser que tout se déroule beaucoup plus rapidement que ne le prévoyaient leurs modèles climatiques. Mais ils sont face à un dilemme. Au cours de la dernière décennie, ils ont dû lutter contre une campagne fort bien financée qui visait à semer le doute sur la réalité des changements climatiques.

Aujourd'hui, les peuples et leurs gouvernements sont à l'écoute. Même aux États-Unis, le quartier général du déni des changements climatiques, 85% de la population voit cette question comme un problème majeur, et les deux candidats à l'élection présidentielle ont promis durant la campagne des réductions de 80% des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050.

Les scientifiques sont réticents, on le comprend, à annoncer publiquement que leurs prévisions étaient fausses, que la situation est vraiment bien pire et que les objectifs devront être révisés. La plupart d'entre eux attendent de disposer d'une preuve incontestable montrant que le changement climatique intervient plus rapidement que prévu, même si en privé, ils s'affirment convaincus que c'est bien le cas.

De ce fait, les gouvernements, bien qu'ayant enfin pris conscience du danger, continuent de viser des objectifs de réduction des émissions obsolètes. Pour éviter l'emballement du réchauffement de la planète, le véritable objectif requis serait probablement une réduction de 80% des émissions d'ici à 2030, et la quasi disparition de l'usage des combustibles fossiles (charbon, gaz et pétrole) d'ici à 2050.

• Les militaires ont raison

L'alimentation est la question clé, et la situation de l'offre alimentaire mondiale est déjà très tendue. Nous avons consommé environ les deux tiers des réserves mondiales de céréales au cours des cinq dernières années, et ne disposons plus que d'environ 50 jours de stock. Même un seul degré d'augmentation de la température moyenne de la planète se traduirait par une diminution de la production alimentaire dans presque tous les pays qui sont plus proches de l'équateur que des pôles, et qui abritent la quasi-totalité des greniers à blé de la planète.

Pour cette raison, le marché international des céréales va disparaître par manque de marchandises. Les pays qui ne pourront plus nourrir leur population ne seront pas en mesure de se procurer le nécessaire pour se sortir d'affaire en important leurs céréales, même s'ils disposent de l'argent pour ce faire.

Les réfugiés affamés se répandront à travers les frontières, des nations entières vont s'effondrer dans l'anarchie - et certains pays pourraient être tentés de s'accaparer les terres ou l'eau de leurs voisins.

Ce sont là les scénarios que le Pentagone et d'autres états-majors étudient aujourd'hui. Ils pourraient commencer à se concrétiser aussi rapidement que d'ici 15 à 20 ans. Si ce type de désordre se répand, il n'y aura que peu de chances de conclure ou de maintenir des accords mondiaux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et éviter la poursuite du réchauffement de la planète.

• Il existe un point de non-retour au-delà duquel le réchauffement devient inéluctable

Nous sommes probablement en route pour le dépasser. Ce point de bascule, c'est celui où le réchauffement d'origine anthropique (d'origine humaine) déclenche une libération massive de dioxyde de carbone des océans dont la température s'élève, ou des rejets de dioxyde de carbone et de méthane provoqués par la fonte du pergélisol, ou les deux phénomènes ensemble. La plupart des climatologues pensent que ce point se situe légèrement au dessus des 2° de réchauffement.

Un fois ce point dépassé, l'humanité perdra le contrôle : la réduction de nos émissions pourrait ne pas parvenir à arrêter le réchauffement de la planète. Cependant, nous allons presque certainement outrepasser la date limite. Nous ne pouvons pas retrouver les 10 années qui ont été perdues, et au moment où un nouvel accord remplaçant celui de Kyoto sera négocié et mis en oeuvre, il ne restera probablement pas assez de temps pour arrêter le réchauffement avant d'avoir atteint le point limite à ne pas franchir.

• Nous devrons tricher

Au cours des deux dernières années, plusieurs scientifiques ont proposé plusieurs techniques de « géo-ingénierie » destinées à combattre la hausse de température. On pourrait par exemple répandre dans la stratosphère une sorte d'écran chimique temporaire de protection solaire par l'ensemencement avec des particules de soufre. Nous pourrions également épaissir artificiellement les nuages maritimes de basse altitude pour qu'ils reflètent plus la lumière du soleil. Ce ne sont pas des solutions permanentes ; tout au plus des moyens de gagner un peu de temps pour réduire nos émissions sans provoquer l'emballement du réchauffement.

La situation devient très grave, et nous allons probablement assister aux premières expérimentations avec ces techniques dans un délai de cinq ans. Il existe une possibilité de trouver l'issue de cette crise, mais elle n'est pas aisée et il n'y a aucune garantie de succès.

Comme le dit l'histoire de l'Irlandais face à un voyageur égaré : Pour aller là, Monsieur, moi je ne serais pas parti d'ici.

Gwynne Dyer est journaliste indépendant et historien, spécialiste des questions militaires.

14:35 Écrit par Freddy Dewille dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/11/2008

MEETING LCR LILLE...........................

 
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La campagne de notre camarade Olivier Besancenot, candidat de la LCR aux élections présidentielles françaises, connaît une dynamique forte et en croissance, qui se traduit par le nombre important de participant/es aux meetings. Qu’on en juge : 800 personnes à Clermont Ferrand, 1500 à Tours, 1500 à Bordeaux, 1200 à Marseille, etc. Soit entre 2 et 3 fois plus de monde que lors des meetings de la campagne de 2002 !

 

Afin de soutenir cette campagne anticapitaliste combative et pédagogique, la LCR belge a organisé ce mercredi 11 avril un déplacement en car de Bruxelles pour le meeting de Lille d’Olivier Besancenot. Au total, en bus, en voiture ou en train, c’est près d’une quarantaine de personnes qui ont fait le déplacement de Belgique pour un meeting particulièrement enthousiasmant. Et ce dans une salle archi-comble, puisque ce sont près de 1800 personnes qui ont écouté Olivier à Lille. Une affluence record qui a malheureusement obligé à refuser plusieurs dizaines de personnes !

Une camarade de Lille, Séverine, a ouvert le meeting en évoquant les dégâts que produit le capitalisme dans une région qui est à la fois une des plus pauvres et des plus riches de France, avec 2 des 4 plus grosses fortunes françaises et en même temps des taux records de chômage, de logements insalubres, de surmortalité dans de nombreuses pathologies…

Ensuite, Roland du comité des sans-papiers local a rappelé la lutte de ceux qui sont traqués par la police, le scandale des sans-papiers errant dans des conditions indignes autour de Calais depuis la fermeture du centre de Sangatte et l’exigence de régularisation collective des clandestins vivant en France.

Notre camarade Freddy Dewille, conseiller communal à Anderlues, délégué syndical CSC Transcom et initiateur de l’Appel pour Une Autre Gauche, a pris ensuite la parole pour apporter les salutations de la LCR belge. Il a montré en quoi les travailleurs/euses en Belgique, au même titre que les travailleurs/euses en France, sont confrontés aux mêmes politiques de régression sociale, et a souligné l’importance de construire une véritable gauche de combat anticapitaliste et internationaliste. Il a exprimé avec force et chaleur notre soutien à la campagne d’Olivier.

Un militant des JCR a décliné les exigences de la jeunesse, notamment la fin de la précarité et un CDI pour tous et rappelé les luttes contre le CPE.

Enfin, l’intervention d’Olivier, qui s’était rendu un peu plus tôt dans un quartier populaire de Hem pour discuter avec 80 jeunes à l’invitation d’une association, a été très chaleureusement accueillie. La salle et les très nombreux jeunes présents ont applaudi à tout rompre sa dénonciation de la politique de la droite au pouvoir et l’idée qu’il y a urgence à se battre pour imposer nos droits, quel que soit le gouvernement qui sera issu des urnes.

Après le meeting, dans le bus qui nous a ramené à Bruxelles, l’enthousiasme et les discussions allaient bon train. Tous et toutes, militant/es, sympathisant/es, camarades d’UAG ou « simples curieux » ont été impressionnés par le nombre des participant/es et leur jeunesse, la qualité oratoire et le contenu des interventions, à commencer bien sûr par celle d’Olivier. Romain, 12 ans, le benjamin de notre délégation, en garde un souvenir fort.

A noter - une fois n’est pas coutume vu le black out médiatique habituel à l’encontre de la gauche radicale en Belgique -  qu’une séquence du JT de RTL-TVI du jeudi 12 avril a été consacrée à notre déplacement ; une équipe télé était présente à Lille et à interviewé deux de nos camarades.

C’est donc gonflés à bloc que nous allons continuer à apporter notre contribution à la campagne de notre camarade en diffusant en Belgique auprès des résidents français des tracts d’Olivier Besancenot.

 

 

00:51 Écrit par Freddy Dewille dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/09/2008

Féministes pas contentes !

Féministes pas contentes !

 

Dans les années ’80, réapparaissent des discours sur la « crise de la masculinité », attribuée aux effets d’un féminisme qui serait allé trop loin. Des groupes d’hommes se forment dans les pays occidentaux et se convainquent de la nécessité de retrouver des repères en recomposant leur identité masculine et en reconquérant un pouvoir soi-disant perdu. Dans une période d’offensive néolibérale, ce mouvement, qui surfe allégrement sur la vague anti-féministe, trouve écho auprès de certains hommes qui cherchent un bouc-émissaire aux inquiétudes concrètes qu’ils rencontrent. Aujourd’hui, les « masculinistes » exercent un lobbying auprès des institutions publiques, s’expriment librement dans les médias ou encore tiennent des congrès internationaux. Les 17 et 18 octobre prochain, l’association belge relais-hommes organise la troisième édition du congrès « Paroles d’hommes » à Bruxelles…

                                                                                                    Par Barby Illuminati*

 

Une réflexion des hommes sur leur place dans la société et les rapports sociaux de sexe est bien sûr nécessaire. Mais, pour qu'elle soit juste et évite de tomber dans le réactionnaire qui consiste à vouloir rétablir la "puissance" soit-disant "perdue" des hommes, un préalable indispensable est de remettre en cause le patriarcat. Certains hommes pro-féministes le font, comme ceux qui faisaient justement partie de la coalition antimasculiniste qui s'est opposée au dernier congrès "Paroles d'hommes" en 2005 à Montréal (voir encadré).

 

Patriarcat fantomas

Or, le mouvement masculiniste, bien qu’il soit composé d’individus et de groupes assez variés[1], est clairement conservateur et dénie complètement l'existence du patriarcat. Il n'est pas du tout question pour eux de remettre en cause le fondement des inégalités entre hommes et femmes mais de se positionner comme victimes d'un féminisme qui serait allé trop loin en chamboulant les rôles sexués et en oubliant ainsi les souffrances des hommes.

 

Pour soutenir leurs thèses quant à la piètre condition masculine, ils sortent à la pelle des indicateurs de genre… tout en ignorant soigneusement ceux qui prouvent que du travail reste encore à faire pour les féministes. Le « mâle-être actuel du premier sexe » se constate ainsi, statistiques à l’appui, à travers la présence majoritaire des hommes parmi les fumeurs quotidiens, les personnes dépendantes de l’alcool, les personnes décédées suite à un accident de voiture ou encore les détenus dans les prisons en 2004 (8.891 hommes pour 388 femmes)[2]. Ils feignent d’ignorer le fait que la norme, ce qui est soi-disant neutre, c’est encore en règle générale le masculin et que les discriminations envers les femmes dépassent, elles, une somme de comportements individuels mais sont liées à un réel système d’oppression. Pour les masculinistes, les « choix » qui nous sont pourtant imposés par la société -comme, par exemple, travailler à temps partiel ou rester à domicile pour garder les enfants- sont à leurs yeux des privilèges de femmes, alors que cela  pèse sur notre niveau de vie en cas de divorce ou au moment de la pension ! Sous des dehors scientifiques, les analyses des masculinistes sont donc souvent très simplistes, incomplètes et enfermées dans les limites du patriarcat.

 

Vade retro féministes

Les masculinistes se présentent souvent  comme « pacificateurs », contre la « guerre des sexes »,  ce qui contribue à leur accorder du crédit auprès de ceux et celles qui ne prennent pas la mesure des rapports de pouvoir entre les sexes. Ainsi, sur le site de leur congrès « paroles d'hommes »[3], on peut lire en première page: "Il nous faut « désexualiser » les rapports de pouvoir homme – femme (tant conjugaux que sociaux) et partager équitablement ce pouvoir pour qu'advienne un véritable humanisme". Tout ça, ça fait bien gentil, « peace and love »,  mais, de là, découlent rapidement des trucs bien plus trash et bien moins pacifiques et rassembleurs, comme par exemple cette superbe démonstration « scientifique » de Yvon Dallaire, psychologue, sexologue et auteur, guest star des congrès « Paroles d’hommes »: "(...) L'on sait aujourd'hui que le code d'ADN du 2e X faisant de cet humain une femelle s'est constitué il y a 150.000 ans et qu'il n'a pas évolué depuis. Quant au code d'ADN du chromosome Y, son évolution s'est stabilisée plutôt récemment, soit il y a environ 49.000 ans, démontrant là aussi que le sexe féminin est antérieur au sexe masculin. Cela confirme que, malgré les apparences patriarcales de nos structures socio-politiques, l'espèce humaine serait fondamentalement matriarcale (...) Certains généticiens (et nombre de féministes radicales) utilisent ces données pour présenter le sexe masculin comme une atrophie du sexe féminin, comme une femme handicapée, détériorée et dont il faudrait se débarrasser au plus tôt car seul responsable de ce qui va mal dans le monde et entre autres de la piètre condition féminine millénaire, comme si la femme n'avait aucune responsabilité dans l'évolution de l'humanité (...) Sauf que le chromosome Y n'a pas encore dit son dernier mot, car il ne veut pas disparaître. Les gènes le constituant veulent continuer de vivre et d'évoluer eux aussi. Ils veulent se libérer du destin apocalyptique d'Adam. L'être humain homme veut lui aussi devenir autonome et vivre par et pour lui-même et non seulement au service de la survie sexuelle et alimentaire de sa compagne femme-mère"[4]. Magnifique, non?

 

Quand on visite leurs sites internet les plus explicites[5], c’est clair et net : on y trouve un tas d’attaques contre l’émancipation des femmes : attaques contre le droit à l’avortement (un crime qui menace les sociétés de disparition), attaques contre les créances alimentaires,… et, chez les conservateurs, la promotion d’un retour à la famille du « bon vieux temps » : une famille hétérosexuelle où l’homme a « naturellement » une place dominante. Et quand on lit qu’en cas de violence conjugale il faut une approche sans coupable, qui responsabilise les deux protagonistes, que le responsable c’est « le couple », là, c’est la goutte qui fait déborder le vase … Les masculinistes dénient le sens de notre combat féministe qui est à leurs yeux l’origine de leurs maux et du malaise de la société. Ainsi, pour le masculiniste Gérard Levesque par exemple, « pour les hommes, les gars, les mâles, pour ceux qui retrouvent leurs couilles, il n'y a qu'une seule solution aux prochaines élections... il faut voter mâle »[6].

 

Un lobbying efficace

Avec leurs accroches "humanistes", à l'apparence rassembleuse et aux allures respectables, et derrière les arguments d'autorité de pseudo-scientifiques ("si c'est eux qui le disent!"), les masculinistes sont vraiment dangereux parce qu’ils remettent en cause des décennies de luttes et une série de droits conquis. En s’en prenant au féminisme, ils fournissent sur base de thèses et de quelques chiffres cités en vrac, une autre grille de lecture, conservatrice et rétrograde...  Pourtant, les masculinistes passent comme une fleur dans les médias et ils sont soutenus par des institutions officielles. Ainsi, en Belgique, il est interpellant de constater que l’Institut pour l’Egalité entre Femmes et Hommes soutient le congrès « Paroles d’hommes » qui aura lieu à Bruxelles.  Contrairement aux hommes pro-féministes qui appuient les combats d’émancipation des femmes, le masculinisme contribue à renforcer ce que nous sommes déterminé-e-s à combattre et abolir : le patriarcat.

 

Les masculinistes à Bruxelles !

 

Le thème du 3e congrès « Paroles d’hommes », qui se tiendra les 17 et 18 octobre à l’IHECS à Bruxelles, sera "Hommes: état des lieux; inventaire des ressources et besoins". Derrière cet intitulé d’apparence anodine, plusieurs hommes (et femmes) de divers horizons interviendront… mais quelques anti-féministes notoires prendront aussi la parole, comme Yvon Dallaire, Jean Gabard ou encore Serge Ferrand (programme complet sur www.relais-hommes.org). Les précédents congrès « Paroles d’hommes », à Genève en 2003 et à Montréal en 2005, ont soulevé des critiques. Au Canada, une coalition anti-masculiniste (avec des femmes et des hommes) s’est d’ailleurs constituée pour l’occasion, en organisant entre autres un contre-congrès[7]. Mais, en Belgique, l’événement n’émeut pas grand monde… pour l’instant. C’est pourquoi, la LCR et les Barby Illuminati appellent à un rassemblement critique des féministes et pro-féministes à l’occasion du congrès « Paroles d’hommes », pour faire tomber les masques du politiquement correct et soulever les vrais enjeux des rapports sociaux de sexe, pour dénoncer la démarche dangereuse et rétrograde de certains masculinistes qui seront présents à ce congrès et pour interpeller les institutions publiques qui les soutiennent.

 

Pour celles et ceux qui veulent se bouger :  écrire à   info@lcr-lagauche.be

 



[1] On y retrouve des chercheurs, des psychologues, des groupes de défense des droits des pères, des groupes de thérapie masculine, des groupes d’activistes conservateurs et parfois proches des intégristes religieux. Pour plus d’infos sur les masculinistes, voir le dossier de Sisyphe (www.sisyphe.org) et l’ouvrage collectif « Le mouvement masculiniste au Québec. L’antiféminisme démasqué », s.dir. Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri, Editions Remue-ménage, Montréal, 2008.

[2] Selon les statistiques de l’Institut National de Statistiques sélectionnées sur le site www.relais-hommes.org.

[4] Yvon Dallaire, Féminisme + hominisme = humanisme, contribution au 2e congrès Paroles d’hommes, Montréal, 2005, sur www.parolesdhommes.com.

[5] Les sites canadiens sont particulièrement éloquents : www.garscontent.com, www.lapresrupture.cq.ca, www.hommedaujourdhui.ca, …

[6] « Le féminisme totalitaire », lettre ouverte de Gérard Pierre Lévesques sur www.lapresrupture.qc.ca

[7] http://www.antipatriarcat.org/antimascu/

11:27 Écrit par Freddy Dewille dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/09/2008

Solidarité avec la Bolivie et le Venezuela contre l'ingérence Yankee!

Solidarité avec la Bolivie et le Venezuela contre l'ingérence Yankee!


 

Le peuple bolivien et son gouvernement présidé par Evo Morales sont confrontés à une tentative de déstabilisation violente menée par les secteurs les plus réactionnaires de la classe domintante blanche, soutenue en sous-main par l'impérialisme yankee.

 

Il s'agit bel et bien d'un conflit de classe et raciste. Enragée par les réformes sociales et politiques en faveur de la majorité pauvre du pays - composée d'Indiens et de métisses opprimés depuis des siècles - et rendus furieux suite à leur défaite au référendum démocratique qui a confirmé par 67% des voix le maintien du président Evo Morales, l'élite blanche raciste n'a plus d'autre recours que d'attiser une véritable guerre civile en Bolivie afin de renverser le cours des choses.

 

La bourgeoisie bolivienne a fait le choix de lâcher contre le mouvement populaire et ouvrier des bandes armées typiquement fascistes, telle que l'Union de la jeunesse de Santa Cruz, composée de jeunes issus de l'élite blanche, de criminels et de « lumpens ». Ces bandes organisent de véritables pogroms contre les militant/es des mouvements sociaux, syndicaux, contre les partisans du président Morales ou contre tout Indien. Ils arborent ouvertement les symboles du nazisme ou du franquisme, sources auxquelles ils puisent leur idéologie et leurs méthodes à travers une filiation historique puisque de nombreux nazis allemands et franquistes espagnols ont trouvé refuge dans ce pays.

 

La LCR exprime sa totale solidarité avec le peuple bolivien, son gouvernement et ses organisations sociales et populaire et leur droit à l'auto-défense armée contre ces agressions fascistes.

 

Nous dénonçons l'ingérence à peine masquée de l'impérialisme étatsunien. Bush et son clan de fanatiques illuminés n'ont plus aucune retenue à quelques semaines des élections présidentielles étatsuniennes. Ils tentent par tous les moyens d'attiser les conflits partout dans le monde, de la Bolivie à la Géorgie et au Pakistan, afin de garantir leur maintien au pouvoir en favorisant leur candidat Mac Cain. En multipliant les conflits, ils veulent justifier le programme ultra-réactionnaire et militariste de ce dernier.

 

La LCR soutient les gouvernements populaires de Bolivie et du Venezuela, qui ont mille fois raison de lutter contre cette ingérence en expulsant les ambassadeurs US de leurs pays. Ces derniers agissent comme des pro-consuls de l'Empire, tirant les ficelles des actions de déstabilisation violente dans le but de renverser dans le sang ces gouvernements démocratiquement élus.

 

Nous invitons l'ensemble du mouvement ouvrier en Belgique à exprimer sa solidarité avec les peuples bolivien et vénézuélien et leurs gouvernements et à dénoncer les manoeuvres criminelles de Washington.

 

Ligue Communiste Révolutionnaire

Section belge de la IVe Internationale

15:27 Écrit par Freddy Dewille dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/07/2008

D’un régime de crise vers une crise de régime ?

 

Mardi 15 juillet 2008 : rendez-vous manqué pour le « jour J » de la « grande réforme de l’Etat » !

Aucune décision n’a pu être prise en matière « communautaire » par l’équipe ( ?) gouvernementale : ni sur les questions à connotation « symbolique » (BHV !), ni sur des transferts substantiels de compétences vers les régions.

Yves Leterme a donc présenté pour la troisième fois sa démission au Roi .

Le régime de crise inauguré au lendemain des élections du 10 juin 2007 perdure et pourrait devenir une crise de régime.

Bien sûr, tous les ténors politiques jurent, la main sur le cœur, qu’ils mettront tout en œuvre pour éviter cette issue.

Mais personne n’a pu arrêter le compte à rebours déclenché il y a déjà plus d’un an.

Le  problème des relations entre les communautés et la discussion sur la nature (et l’ampleur) de nouvelles réformes institutionnelles n’ont toujours pas trouvé le moindre début de « solution ». Et vu les positions en présence, il semble peu probable que se dégage, à court terme, un compromis entre les exigences des uns et des autres.

Toujours est-il qu’il est devenu impossible de constituer un gouvernement fédéral stable et que cette instabilité rend difficile la définition d’une politique gouvernementale à un moment où se dessine une grave crise économique et sociale.

Une donnée qui perturbe aussi bien les hautes sphères de la bourgeoisie et du monde patronal (voir les prises de position de la FEB) que les organisations syndicales « représentatives » du monde du travail.

La hausse du coût de la vie, et les difficultés financières croissantes pour le plus grand nombre, pourraient en effet déboucher sur d’importantes turbulences sociales dans les prochains mois.

Ceci explique sans doute la tonalité des discours de la plupart des responsables politiques : tirons la leçon du présent échec, donnons-nous du temps pour régler la question communautaire, et remettons rapidement sur les rails un gouvernement qui s’occupera de l’essentiel, c’est-à-dire ce qui préoccupe « les gens » : la « détérioration du pouvoir d’achat » consécutive à  la « hausse des prix de l’énergie ». Bref, cap sur un nouveau gouvernement de « transition » chargé de s’occuper des « affaires urgentes ». En attendant des élections généralisées (nationales, communautaires, régionales et… européennes) en juin 2009. Et en espérant que ce gigantesque scrutin favorise la constitution de majorités politiques plus homogènes, capables de… gouverner, et de résoudre enfin ce qui paraît  actuellement insoluble

Le scénario est peut-être intéressant sur le papier mais risque d’être chahuté dans la pratique !

D’abord, sur le plan social. Les politiques d’inspiration libérale et les mesurettes préconisées par les partis gouvernementaux ne permettront pas de rencontrer les revendications des salariés, ni de rencontrer les  attentes de tous ceux et toutes celles qui souffrent. Il faudra plus que 100 millions € (10 € par habitant !) pour répondre aux situations de détresse qui vont se multiplier…

Ensuite, il ne sera pas plus aisé d’apporter une réponse cohérente à la « question nationale » au lendemain d’une campagne électorale qui aura vu une radicalisation des positions en présence. Avec à la clé, au Nord du pays,  une éventuelle victoire de partis comme la NVA, le Vlaams Belang ou la formation de Jean-Marie De Dekker !

La combinaison de ces différentes dimensions et la persistance de contradictions aigües pourraient s’avérer particulièrement explosives.

A terme, la condamnation de la Belgique fédérale et la marche vers le « confédéralisme » (et/ou le séparatisme) briseront de précieux liens entre les populations et porteront un mauvais coup aux solidarités. A un moment ou les travailleurs auront besoin de toutes leurs forces pour mettre en échec des politiques de droite, dans le cadre de la construction d’une Europe libérale et dans le contexte de la globalisation capitaliste.

La Belgique, « Etat constitutionnel modèle » au 19ème siècle, considéré par Marx comme le « paradis des capitalistes », pourrait connaitre à l’avenir un bouillonnement politico-social et des bouleversements, insoupçonnés aujourd’hui encore.

C’est-dire si les défis seront grands pour la gauche dans les prochaines années.

 

Alain Van Praet

20:48 Écrit par Freddy Dewille dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/02/2008

Sarko a fui comme la peste un nouveau référendum populaire

*Congrès de Versailles : *
*Attac condamne le passage en force du traité de Lisbonne approuvé
aujourd’hui par les parlementaires*

http://www.france.attac.org/spip.php?article8196

Les parlementaires viennent aujourd’hui en congrès de voter la
modification de la constitution préalable à la ratification du traité de
Lisbonne. Ainsi ils ont validé la forfaiture présidentielle consistant à
imposer au peuple français le traité rejeté par celui-ci en 2005. Il
s’agit là d’un des plus graves coups portés à la démocratie dans notre
pays, avec la complicité de la plupart des députés et sénateurs. Ceux-ci
avaient pourtant la possibilité de bloquer le processus et d’imposer un
référendum au président de la République : ils ne l’ont pas fait,
invoquant des raisons aussi fallacieuses les unes que les autres !

Attac tient cependant à saluer les parlementaires qui, à Versailles,
bravant parfois les consignes de leurs directions, et quelle que soit
leur opinion sur le contenu du traité, ont refusé de cautionner ce déni
de démocratie et souhaité redonner la parole au peuple souverain. De
même, nous nous félicitons de la forte mobilisation populaire qui s’est
déroulée aujourd’hui à Versailles lors du Congrès, ou plus de 1 000
personnes étaient rassemblées. Celle-ci est une preuve que les
citoyennes et les citoyens n’ont pas renoncé à faire entendre leur voix.
Elle confirme, avec les centaines de réunions publiques qui ont eu lieu
ces derniers mois, l’intérêt que portent toujours les citoyennes et les
citoyens à la question européenne.

Ce qui s’est passé en France va hélas se reproduire dans la plupart des
États de l’Union européenne, puisque l’ensemble des dirigeants se sont
entendus pour faire passer ce texte au pas de charge sans jamais
demander son avis au peuple. Seule l’Irlande aura droit à un référendum,
par obligation constitutionnelle.
Ce processus montre l’échec des élites néolibérales à faire accepter
leur projet par les Européens. À ne plus pouvoir construire l’Europe
néolibérale sans les peuples, on l’a construit contre l’avis qu’ils
expriment dans les urnes. Les procédés anti-démocratiques s’ajoutent les
uns aux autres, absence de consultation populaire, remise en cause des
droits sociaux nationaux par une Cour de justice toute puissante… Cette
dérive mortifère ne pourra perdurer très longtemps. La crise financière,
qui fait des dégâts bien au delà des banques, nous le montre une fois de
plus aujourd’hui : le néolibéralisme doit être dépassé de toute urgence.
C’est pourquoi Attac France et les Attac d’Europe continueront sur ces
sujets à jouer leur rôle de mouvement d’éducation populaire tourné vers
l’action : dénoncer les politiques néolibérales européennes, proposer
des alternatives concrètes, être partie prenante de la construction de
mobilisations sociales européennes. Attac prendra notamment très
rapidement des initiatives pour faire de la présidence française, puis
des élections européennes de 2009, de vrais moments de mobilisations et
de débats. Le Forum Social Européen en septembre 2008 sera également un
moment important pour rassembler toutes les initiatives  citoyennes et
avancer des propositions pour l’Europe que nous voulons.

Attac France,
Versailles, le 4 février 2008



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